Avant propos

 

" Ce dessin excessif étant incommensurable, des légions en grand nombre ne sauraient s’en charger, mais un seul homme, abandonné dans le désert de la nuit. "

Carlos SUARES,

Le Deuxième Livre du Scribe, p53

 

" On peu connaître l’origine primordiale ; cela s’appelle démêler le fil de la Voie ."

Lao-tseu, Le Livre de la Voie et de la Vertu

Cité par Dominique AUBIER,

Le Secret des secrets,

Introduction à La Face cachée du Cerveau, p. 63.

 

" Connaître les invariables s’appelle être éclairé "

Lao-tseu,

Cité par dominique Aubier,

La Puissance de voir, p.13.

Que le lecteur en soit averti. Et il le sera

Je me propose par le présent ouvrage, de crever à la manière de David, l’œil cyclopéen de la vue rétrécie avec son corollaire associé, "la pensée unique" ambiante. Je vais procéder dans cette entreprise délicate à des tirs précis et ciblés de ma fronde intellectuelle belliqueuse.

Pensée ambiante ? Oui : Je veux parler de celle qui, à quelques exceptions près, a cours de nos jours un peu partout, en France, en Europe et dans le monde Pensée ambiante souvent révélée du haut des chaires du savoir par les experts de tous bords et en tout genres dont chacun sait qu’ils sont indispensables à notre bonheur, nous, pauvres silencieux de "la France d’en bas", de la France et d’autres lieux partout dans le monde exploré lieux, pays qui se croient et se disent :

c i v i l i s é s .

Pensée unique ? Oui : Elle suppose en face, une atténuation voire la suppression de la jugeote personnelle, une mise en sommeil de la comprenette individuelle indépendante. Manière de penser tellement présente sur nos petits écrans rétrécis, mode de pensée si répandu, tellement médiatisé en masse qu’il est bien difficile de ne pas la subir ! Enfin pensée univoque qui implique de manière inséparable l’acceptation "bêêlante " des uns et des autres, notre acceptation-soumission, souvent à notre insu même . Du reste, à ce propos, je tiens à préciser d’entrée de jeu, car c’est bien de jeux qu’il s’agit ici, et afin d’éviter toute équivoque, tout malentendu … que je suis parti intégrante de ce monde où je m’implique. Je ne me prétend être, ni d’en haut, ni d’en bas pour reprendre le "mot" aussitôt médiatisé de notre premier ministre monsieur Raffarin ; ni d’en haut ni d’en bas qui sont des valeurs "rajoutées", des notions relatives et crées avec la complicité d’un certains artifice enchanteur du monde pour aider les gens à se situer quelque part dans le monde vague et ingrat des à-peu-près approximatifs. Lequel monde en arrange plus d’un ! Ceci explique cela, nous y reviendrons dans notre propos.

Lorsque je parles de "nous", je m’adresse bien sur directement à nous, l’humanité. Je désigne par là cette humanité globale, universelle, quels qu’en soient les membres, quelque soit la couleur de la peau que les climats et les situations géopolitiques leur ont conféré par adaptation, quelques soient les idées qu’ils ont adopté, leurs idéologies ou motivations, quelques soient enfin leurs croyances religieuses ou autres. Par mon propos j’entend me mettre en demeure de briser les miroirs aux alouettes mortifères des courtes vues, des points de vus trop courts, trop étriqués, trop rétrécis pour approcher ces visions qui permettent de voir les choses de la vie avec le relief que confère la vue multiple en un. Je vise là précisément l’œil imbécile du Goliath champion de l’assemblage en foules "philistines" , celui des redoutables et redoutés idées idiotes qui fourmillent de par le monde. Le monde mal pensant et plus précisément la "tribu" des malfaisants.

Au stade où nous en sommes de ce que d’aucuns appellent l’évolution, il n’y a plus à tergiverser, il y a lieu de percer les vessies que certains voudraient nous faire prendre pour des lanternes éclairantes afin de mieux mettre la main sur nous et nos richesses pour leur plus grand confort. Il y a lieu de faire éclater les certitudes obsolètes que d’autres voudraient nous faire gober pour mieux nous broyer dans leur infernale machine à penser. Je compte sur l’opportunité et l’à-propos du discours de cette "fronde" intellectuelle pour réussir ce coup, tir au but qui ne doit rien au hasard, coup lâché, façon Zen, "en complet lâcher prise", pour le dire à la manière des initiés au tir à l’arc.

Pour ce difficile et délicat travail ainsi défini je dispose pour tout outil, comme à peu prés tout un chacun qui constitue le monde des humains sur cette terre (1):

D’un tronc. Tronc plus ou moins bien membré avec ses deux jambes et ses deux bras. Tronc unique, dans le fond c’est pratique et suffisant. Tronc unique et double à la fois, doublement intéressant pour alimenter ma personne et l’entretenir, le temps d’une vie, pour mon usage courant avec :

Sa cage thoracique contenant des poumons qui me permettent de respirer et oxygéner mon organisme. Une paire de poumons qui enveloppe un cœur propulsant et dynamisant mon sang au grand DAM des artères nourricières de mon corps. Les veines suivent, elles contribuent à en éliminer les déchets.

Avec aussi son abdomen [sa panse] ou résident les viscères avec un tube digestif ouvert en haut et en bas et différents organes de l’assimilation des nourritures et de rejet des superflus. Il est logique de rencontrer dans cette zone de contact entre ce que l’on peut appeler "l’intérieur" et "l’extérieur" la majeure partie des défenses immunitaires de notre organisme.

De quatre membres qui y sont rattachés. Quatre membres vigoureux, assez puissants et en tout cas suffisamment solides pour me permettre de mener à son terme l’opération que j’entreprends là, opération qui n’a rien à voir avec une O.P.A.

Dix doigts. Je dis bien et le répète : Dix doigts fixés à mes deux mains, la Droite et la gauche, mains d’artisan prolongées par les poignets qui les attachent aux deux membres du haut.

Deux pieds. Pieds bien campés sur terre, rattachés au reste du corps par les membres du bas. Bien dans leurs baskets, ils vont me permettre de nous emmener voyager dans le vaste monde d’une vaste plaine … Voyage qui ne sera pas manqué et ne manquera pas de sel.

ET, à l’opposé, vers le haut, "couronnant" le tout:

D’une tête. Tête qui se fixe au tronc par un cou. Le cou est orné d’une bonne et savoureuse pomme d’Adam fonctionnelle et, plus important à remarquer : il contient une gorge laquelle me permet de rire à gorge déployée. Tête "bien faite " plutôt que "bien pleine " comme aimait à le formuler mon ancêtre Michel de Montaigne. Tête pensante. Tête qui parle par l’orifice d’une bouche ouverte, défilé des sons. Tête qui parle grâce à l’anche de mes cordes vocales et par la grâce évolutive d’un redressement de la gorge plus haut citée. Tête qui exprime son dialecte par la vertu non moins évoluée de son contenu, j’ai nommé :

Un cerveau : le noble, l’unique, l’humain cerveau. Cerveau unique et double dans son fonctionnement. Cerveau doté lui aussi d’une droite et d’une gauche orientées en vis à vis qui fonctionnent en miroir au départ puis au diapason holistique de ce qui ressemble, je dis bien qui ressemble seulement, à un fonctionnement de type holographique. Cerveau organisé en une anatomie basée sur six couches visibles à l’œil nu, trois en le haut, trois en le bas [on pourrait dire aussi, en tenant compte du volume spatial du cerveau : six couches stratifiées de l’intérieur vers l’extérieur] et dix strates cellulaires spécifiques des opérations qui s’y déroulent. Cerveau tri-unitaire, à ce que décrit la science contemporaine : celui du vieux serpent évolutif, celui des émotions qui nous gouvernent pour une bonne part [Sancho pensa ne me démentirait certainement pas !] et enfin celui, "cimiesque", des nobles pensées humaines sinon humanitaires.

Cerveau opérationnel comportant sa face connue ainsi qu’une face moins facile à repérer et à comprendre, face cachée, occultée qu’elle était avant qu’elle soit révélée au grand jour par un auteur tenace et perspicace : Dominique Aubier* (2) .

 

Les ATOUTS dans cette véritable partie de carte

Afin de pouvoir livrer cette bataille "historique" puisque, pour tout dire, elle va [ou pour le moins, elle a de grandes chances de] rentrer dans l’histoire, je me suis munis de mes idées et je m’en nourri au fur et mesure quelles me parviennent lorsque je les pense ou les écrit. Je suis "armé" seulement de mon crayon à mines et de mon carnet avec ses feuilles de route et ses notes de lecture. Et enfin, concession à la modernité, ce qui montre que je vis bien dans et avec mon temps, j’emploie aussi malgré ses caprices mon système informatique qui vient compléter cet arsenal et rendre mon propos lisible sinon compréhensible pour mon semblable.

Pour vaillance et bouclier de protection, je suis flanqué de deux aides et de deux soutiens précieux :

Ceux de la connaissance des aventures significatives du célèbre don Quichotte de la Mancha, "chevalier aux Lions" ici, autre fois "chevalier à la triste Figure " et que l’on peut, à ce que je sais, appeler désormais le "joyeux et preux chevalier de la Joie". Chevalier portant bannière et oriflammes montées, campé bien droit sur sa toujours fidèle monture Rossinante, " la première de toutes les rosses du monde, laquelle supporte en croupe la dame de tous ses amours, je veux citer la "célèbre" et non moins douce, tendre et si chère dame de ses pensées : Dulcinée de Toboso.

ET ceux de son toujours fidèle gouailleur et bon vivant compagnon de route monté sur son grison , Sancho Panza, ancien gouverneur de l’île de Barataria, écuyer à son service devenu le grand ami de son maître lequel lui est grand pourvoyeur de judicieux conseils, au fil de ses aventures chevaleresques. Aventures dont nous allons tenir compte et dans l’aventure où vous êtes conviés, amis lecteurs, on peut compter sur tous mes os : ma structure, mon ossature est intacte malgré les coups reçus de ça de là, de droite et de gauche … "cahin-caha hop" ! dit la chanson, allons-y !

Mon armure ?

La simple nudité de ma tunique de peau d’être humain, quidam parmi les quidams, Adam sans rêve et ni trêve, ADAM auquel "on" a compté tous les os sur l’autel sacrificiel de la bêtise humaine. ET Het, hé ! hé ! , pour couronner le tout, j’ai pris la précaution de charger ma "conque" de voyage d’une sacrée dose d’humour … Il va m’en falloir assurément au fil de cette aventure salée, une sacré dose. Certes une sacré bonne dose et une aussi grosse dose de patience et d’abnégation pour entreprendre sans retenue et m’efforcer de mener à bien, cette entreprise en apparence, mais en apparence seulement, utopique de vouloir "changer le monde", au moins celui de la pensée !

Mon ambition est grande, d’aucun diront même qu’elle est démesurée … en réalité, elle est à la mesure de l’enjeux, du défi qui consiste, par les lignes du présent ouvrage, à favoriser une fois encore la provocation d’une véritable volte-face de la pensée humaine. D’enclencher, suivra qui pourra, son face à face, celui de la pensée, avec la réalité. D’en faire jaillir un dialogue fructifère voire fructifiant qui permette de rectifier certaine "éreur", certaines erreurs d’interprétation de la vie. En corrigeant notamment, autant que faire se peut, les déviations de lecture de textes fondateurs de notre patrimoine religieux tels que ceux qu’on trouve dans la Bible, Ancien et Nouveau Testament pour les chrétiens, dans la Thora pour les juifs et dans le Coran pour les personnes se réclamant de l’Islam. D’ouvrir la porte derrière laquelle se cache le Réel qui est encore loin d’être, selon l’expression de Dominique Aubier au pouvoir (3).

Je m’efforcerais, sans être assuré d’y parvenir parce que cela représente une réelle difficulté - Ce n’est pas Dominique Aubier qui me démentira sur ce point ! – d’éviter deux écueils : Celui d’élaborer un discourt trop savant donc difficile voire impossible à comprendre et assimiler ; Celui d’être trop vulgarisateur au détriment de la réalité que je veux exprimer.

Et de quel droit, cette entreprise ? Certainement pas de celui du plus fort qui, entre nous soit dit n’est fort qu’en apparence et seulement du fait que nous lui laissons prendre ce pouvoir pour diverses raisons que chacun peut découvrir par et pour lui-même (il ne m’appartient pas, n’ayant pas de jugement à priori sur autrui de les énumérer ici).

Non. Du seul droit de la vie à s’exprimer correctement par la bouche d’un quidam de ce siècle, que dis-je ?, de ce millénaire commençant. Du droit indéfectible et tout bonnement irrémédiable de la vie à s’exprimer selon sa logique primordiale dans des termes en usage aujourd’hui, dans les modes d’expression qui ont cours actuellement. Quel défit !

Je suppose qu’il n’aura pas échappé à la vigilance du lecteur "averti" que mon orientation résolutive est celle que donne une boussole connue : la boussole utilisée dans toutes les traditions authentiques quelles qu’elles soient. Si par contre le lecteur n’est pas au courant de cette boussole "initiatique" [terme qui effarouche certains alors qu’il veut simplement dire au départ : commencer, poser le premier pas sur le chemin de la découverte], il pourra s’en faire une première idée approximative en s’amusant à relire attentivement les deux ou trois pages précédantes. En cherchant, il les y découvrira, si ce n’est déjà fait les éléments de cette boussole, à la manière dont on retrouve un dessin camouflé dans un autre dessin sur les journaux de jeux. Si il veut en en acquérir une connaissance plus précise, il pourra alors se rapporter à l’œuvre de Dominique Aubier, Marie-Louise Labiste et plus particulièrement à la description qu’elle en effectue dans le passage intitulé : "La Boussole Initiatique", page 13 à 33 de "La Puissance de Voir" (4). Cette boussole offerte à la compréhension de chacun, s’appuie tout bonnement, tout simplement sur les constantes universelles qu’il est bon de connaître : c’est en effet sur elles que s’érige le monde et son fonctionnement. Soit donc le notre.

Cette "Astrolabe" connue des anciens est désormais remise au goût du jour pour les temps dits modernes que nous sommes amenés à vivre ; nous aurions bien tors de la dédaigner et de nous priver de ses précieux services. Et même à vrais dire, je pense que nous serions réellement complètement idiots. Nous serions comme des pèlerins qui vont "encore" chercher à Compostelle ou ailleurs, alors qu’ils n’y sont plus depuis un certain temps déjà, des éléments de compréhension de la vie , leur vie et s’y rendent compte qu’en réalité ces éléments étaient au plus prés d’eux, au plus prés serré comme on dit en terme de navigation à voile et même que ses éléments sont en eux. Nous serions aussi comme cette "Grande" Marie Madeleine (MAria ou Myriam MAGDOLA) dépitée lorsqu’elle vient le matin de la pâque adorer et aromatiser le cadavre de "son Jésus" [Rabbouni, en hébreux], qu’elle trouve la pierre de fermeture roulée, ouverte et le la grotte - sépulcre [nom qui a en toute logique à voir avec mémoire] vide et se met à pleurer. Il lui est répondu, à ce que nous rapportent les textes retenus comme évangéliques (Luc 24, 5-6):

"Pourquoi chercher le vivant

parmi les morts ?

6 il n’est pas ici,

mais il s’est réveillé."

Pour clore cette mise en route, je précise au cas ou cela aurait échappé au lecteur que plus haut dans le texte j’ai écrit "amené à vire " et non pas "appelé à vivre". Je pense qu’assurément il existe une énorme différence entre ce que le monde d’aujourd’hui nous amène, nous entraîne et, je l’espère ne nous forcera pas à vivre et ce qu’il nous est offert de vivre dans la liberté désaliénée d’être. C’est tout l’enjeux du dialogue que j’entend susciter par ces quelques lignes.

 

  1. Il n’est pas anodin à plusieurs égards de remarquer la manière dont est décrit ici le "véhicule" (pour employer une terminologie hindoue) mis la disposition de chacun d’entre nous.

  1. La Face Cachée du Cerveau, Dominique Aubier, La Bouche du Pel.
  2. Le réel au pouvoir, Dominique Aubier, Ed. Dervy, 1993.
  3. La Puissance de Voir, selon le TCH’AN et le ZEN, dominique aubier, M.L.L.